Les habitants du Petit-Celland

Notre ami Fernand
Notre ami Fernand

19 avril 2012

Nous avons appris avec une très grande tristesse le décès de notre ami Fernand LEHERICEY. Avec lui disparaît l’un des derniers survivants d’une époque qui a vu naître sur le sol de notre terre normande, des hommes forgés aux difficultés de la vie paysanne de l’après-guerre. Nous garderons de lui son regard bleu malicieux, et son amitié sincère. Fernand incarnait le bon sens, la jovialité, la joie de vivre. Un humain qui a vécu comme il l’a souhaité, en homme de la terre. Celle-là même qui le rappelle à elle aujourd’hui. Au revoir Fernand, à dans une autre vie. Nous ne t’oublierons jamais.

Nos pensées vont vers sa famille, et nous leur adressons nos plus sincères condoléances.


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René, le charron qui n’a jamais décroché



René Ruby Ancien Charron au Petit-Celland

René Ruby Ancien Charron au Petit-Celland

René Ruby Ancien Charron au Petit-Celland Né en 1932, René Ruby a toujours vécu au Petit-Celland. Établi à son compte en 1954, il a été charron spécialisé dans la fabrication de roues et de tonneaux nécessaires à la conservation du cidre. « Je faisais des roues à la main et au rabot. À l’époque, la rentabilité, on ne connaissait pas. On connaissait le travail bien fait ». Le virus ne l’a pas quitté. Retraité depuis une quinzaine d’années, il n’a pas perdu la main : « Ce que je fais, c’est ce que les autres ne savent plus faire. Je restaure tout ce qui est d’une autre époque. À son actif, la remise en état de charrettes, de tonneaux, de voiture attelée, de coffre à battage, de brouettes à laver.Extrait de l’article de Michel Rouault paru dans Ouest France en février 2007 Mais ce qui fera la renommée de René Ruby, ce sont les cages à lapins. Après la guerre, les basses-cours se complètent de clapiers, et certaines exploitations se spécialisent dans la Cuniculiculture. L’élevage de lapins demande peu d’entretien et leur rapport se révèle très lucratif. Tout va changer à partir des années cinquante. En 1952, le professeur Armand Delille, pour se débarrasser des lapins de garenne qui colonisaient sa propriété d’Eure-et-Loir leur injecta le virus de la myxomatose. Si le résultat fût au-delà de ses espérances, son acte irresponsable va avoir des conséquences à très long terme. Aujourd’hui encore, Il n’y a pas de traitement contre cette maladie virale qui sévit dans toute la France. À l’exception d’un vaccin. Du coup, les services vétérinaires imposent de nouveaux matériaux de construction comme le ciment armé pour isoler les cages du sol, et insistent sur la qualité de vie des animaux. La lumière et l’air doivent pénétrer dans chaque loge en quantité suffisante. À cette époque, René Ruby ne s’intéresse pas aux cages à lapins. C’est son beau-frère qui lui demande de lui en fabriquer une. Été 1972, Roger Pierre et Jean Marc Thibault occupent le devant de la scène, et font les beaux soirs des galas d’étape du Tour de France. À la faveur d’un passage en Bretagne, Jean Marc Thibault découvre par hasard une cage fabriqué par René. Grand amateur de lapins Angoras, le comédien trouve que ce type de cage correspond tout à fait à ses besoins. Quelques jours plus tard, une voiture d’Europe 1 qui suivait la caravane du Tour fait un crochet par le Petit-Celland, pour venir s’arrêter devant l’épicerie Corbin (aujourd’hui le Pub). Stupéfaction des clients lorsqu’ils voient descendre Jean-Marc Thibault qui leur demande l’adresse de René Ruby. « Au début je ne l’avais pas reconnu dit-il encore aujourd’hui » Le comédien lui commande une cage, ce qui va donner l’idée à René Ruby de déposer un brevet auprès de la propriété industrielle sous le nom de : « cage à Jeannot » en hommage à son illustre client. Plus de trente après, il s’en souvient encore. « Je lui ai demandé l’autorisation d’utiliser son nom comme dépôt de marque, ce qu’il m’a accordé très gentiment ». La carrière de René Ruby démarre sur les chapeaux de roues. En une dizaine d’année, il va fabriquer plus de 1000 cages à lapins. Repères : Jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, on comptait parfois pas moins de deux charrons par commune. Trois personnes étaient nécessaires pour la difficile pose du fer sur une roue de charrette ou de tombereau. Chauffé, le fer se dilate, il peut ensuite être présenté sur la roue en bois qu’il encercle en refroidissant.




Repères :

Jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, on comptait parfois pas moins de deux charrons par commune. Trois personnes étaient nécessaires pour la difficile pose du fer sur une roue de charrette ou de tombereau. Chauffé, le fer se dilate, il peut ensuite être présenté sur la roue en bois qu’il encercle en refroidissant.