La 2nde guerre mondiale et le Débarquement
Première partie 1939 -1943
Pour un grand nombre de Français la guerre de 1939-1945 est en réalité celle de 1940-1944, c’est-à-dire celle qui va de l’invasion allemande à la libération de leur ville. Chacun pointe midi à son clocher, oubliant un peu vite ceux qui ne sont pas libérés, ceux qui sont prisonniers en Allemagne, les innocents qui ont été déportés dans les camps de la mort et qui ne reviendront pas.
Août 1944 voit la libération de presque tout le territoire français métropolitain et le 15 septembre 1944 les 9/10 de Paris qui vit, dans la fièvre des combats de rues, des heures exaltantes que couronne l’arrivée d’une armée française à nouveau victorieuse. Après quatre années d’occupation, la France recouvre sa liberté. Juin 1940, premier « tournant de la guerre » marque également un tournant capital de notre destin

national. Sur le plan militaire, rien ne pouvait modifier le sort des armes, tout au plus pouvait-on espérer raccourcir ou prolonger la lutte de quelques semaines. Dès le mois de mai 1939, Paul Raynaud avait évalué la situation en termes mondiaux et résumé son opinion dans un slogan « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». Une formule présomptueuse que n’approuvait pas son jeune sous-secrétaire d’état récemment promu, un certain
Colonel De Gaulle. Pour la première fois, un militaire osait dire que la France n’était plus le centre du monde, et qui lui faudrait se doter de moyens militaires modernes, de chars notamment, pour pouvoir affronter une armée allemande suréquipée et bien entraînée.
De Gaulle avait vu juste, notre ligne « imaginaire » dominant la ligne bleue des Vosges n’a pas fait illusion longtemps. On connaît la suite…
Quelques semaines après la défaite de juin 1940 et l’entrée des troupes de la Wehrmacht dans Paris, ce même colonel, devenu depuis Général, lançait un appel depuis le micro de la BBC à Londres pour inviter les militaires à le rejoindre en Angleterre pour continuer le combat.
2009 marque un double anniversaire. Le 1er septembre 1939 à 5h45, les troupes allemandes envahissent la Pologne. A 10h30 : le gouvernement français décrète la mobilisation générale et l’état de siège. Le 10 mai 1940 à 4h45, c’est le premier jour de l’attaque allemande sur la France. Quatre ans plus tard, le 6 juin 1944, à 6h31, les premières barges de débarquement des troupes américaines approchent de la plaged’Omaha Beach pour se lancer à l’assaut de la forteresse nazi.
Deuxième partie
1939/1940. Pour les habitants du Petit-Celland (Canton de Brécey), la période de l’occupation fut vécue différemment selon l’engament de chacun. André habitait St Ovin, il est parti au service militaire près de Versailles en 1938. Après sa courte permission à la veille de l’entrée en guerre, il ne sait pas encore qu’il ne reverra pas son village avant 1945. L’autre André lui, a refusé de partir travailler en Allemagne en 1943. Il va se cacher pendant un an dans une ferme. Chacun à sa propre vision de cette époque, mais tous s’accordent pour dire que c’est un chapitre de l’Histoire qu’ils n’oublieront jamais.
Repères de l’année1942
Dans l’histoire des conquérants, un moment vient où « Rien ne va plus ». Attila connaît ses Champs Catalauniques, les Mongols sont arrêtés à Liegnitz, les Turcs à Leplante, Napoléon à Moscou. Désormais l’aigle nazi a du plomb dans l’aile. En dépit du fait que ses armées continuent leur progression à l’Est, qu’elles menacent l’Egypte et le delta du Nil, et sur le cercle polaire, Mourmansk ; au cœur de la Russie. Le colosse soviétique est sur le point d’être étouffé en raison de l’arrêt total de ravitaillement. Staline réclame aux alliés l’ouverture d’un second front à l’ouest, mais Churchil s’y refuse. Les alliés préparent un débarquement en Afrique du Nord. L’Amiral Yamamotto qui a commandé l’attaque sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941 avait vu juste lorsqu’il déclara. « Cette attaque a réveillé un géant, la guerre va être longue». Pour les allemands, tout se retourne. Stalingrad est trop loin, ceux qui y sont parvenus n’en reviendront pas. L’Amérique est trop puissante et elle fait franchir l’Atlantique à un énorme convoi jusqu’en Algérie, qui va se transformer en base d’assaut contre le sud de l’Europe. C’est une répétition générale au débarquement alliés sur les plages de Normandie deux ans plus tard. La formidable machine industrielle de guerre américaine s’est mise en marche.
Troisième partie 1944 – quatrième partie – les préparatifs du débarquement et la percée d’Avranches
Repères 25 juillet déclanchement de l’offensive « Cobra »

C’est la 4ème division blindée du 8ème corps US qui fit la percée d’Avranches le 31 juillet 1944. Le lendemain, un détachement de la 1redivision d’infanterie américaine “The Big Red One”
Qui venait de Brécey débouche au carrefour de la Tessardière lorsqu’ils se retrouvent face à des fantassins allemands qui tentaient
de rejoindre Mortain. Un bref combat s’échange, qui vit un mort dans les rangs de la Werhmart. Les soldats de 1er division d’infanterie sont les premiers à avoir débarqué sur la plage d’Omaha Beach surnommée la « sanglante » le 6 juin 1944 à 6 heures 31.
CINQUIEME EPISODE ” La percée d’Avranches”
Coutances fut libérée le 28 juillet. Le Général Bradley ordonna la poursuite de l’avance vers le sud : il s’était rendu compte que la percée allait réussir.Trois jours plus tard, la 4ème Division blindée du 8ème Corps s’empara d’Avranches et prit le contrôle du pont de la Sée, à cinq kilomètres de Pontaubault, près du Mont-Saint-Michel. Le 31 juillet au matin vit presque le sort des armes se tourner. Brécey fut libéré dans la foulée de ce vaste mouvement.
Au Petit-Celland, on attend impatiemment l’heure de la libération. Juliette vient d’accoucher difficilement de son deuxième enfant sous la surveillance d’un officier Allemand. Yvonne va au-devant des américains sur la route de Mortain au péril de sa vie, car les Allemands du groupe de combat Bacheret viennent de contre attaquer la 4ème Division blindée.

André Cassin, de St Ovin
André peut enfin sortir de sa cachette à Sartilly, c’est de là qu’il voit les premières colonnes américaines marcher de chaque côté de la D 973 en direction d’Avranches. Lucien est à Saint Laurent de Cuves pris en tenaille entre les Allemands et les Américains qui remontent par la route de Cuves.Pendant ce temps, Andréde St Ovin se morfond toujours dans son stalag du Bade-Wurtemberg. Il va lui falloir attendre encore un an avant de revoir sa Normandie.
Sixième épisode: Le retour à la vie
Fin juillet 1944 La 3ème Armée de Patton atteignit Avranches le 1er août. Le généra l Bradley autorisa alors Patton à déplacer la majorité de ses hommes vers l’est, en direction de la poche d’Orléans et de la Seine ; par ce mouvement d’encerclement, il menacerait de déborder les armées allemandes au sud de Caen et les forcerait à se replier.
Nous reproduisons ici quelques lignes du livre de Michel Erard : « Témoignages de leur temps » qui relate jour après jour les derniers moments avant l’arrivée des américains dans Brécey.
Lundi 31 juillet 1944
L’aviation alliée est très présente : de nombreux mitraillages,des tirs se font entendre en direction d’Avranches et de Tirepied. Tout à coup, dans la soirée, un bruit de mitrailleuse retentit dans le bourg. Quelques minutes plus tard, un motard allemand alerte tous les soldats dont un certain nombre de russes qui bivouaquent sous les pommiers et dans les bâtiments au Carrefour. Tout le monde décampe à vive allure vers le Petit-Celland. Profitant de leur panique, je prends possession d’un cheval que je vais cacher dans un champ et nous apprenons par un passant qui s’échappe du bourg à la hâte, que des américains sont passés dans la bourgade « Il y a des américains blessés, des civils et allemands tués! » . Toute la nuit, c’est le silence… un lourd silence.
Vers 17h-18h, Fernand Rennes, (père de l’ancien notaire prénommé aussi Fernand) assiste stupéfait à l’arrivée du premier char américain qui prend la direction de Cuves, en face de chez lui, place de l’église. Des Allemands, présents en face du café Boursin, et dans le jardin du presbytère, se regroupent dans la rue de l’église . Sur le chemin du Fonteny, un autre Brécéen, M. Maincent, veut lui aussi se rendre compte de la situation. Mal lui en a pris, car sur la place de l’église et route de Villedieu, des tirs d’armes automatiques se déclenchent, des grenades éclatent… M. Maincent tombe gravement blessé… Un char américain brûle en face le magasin Lucas … Les américains blessés se réfugient dans le magasin, le vicaire, l’abbé Yver aidé par l’instituteur Lavarde porte courageusement secours aux victimes. Ils récupèrent M. Maincent qu’ils transportent à l’Adelaire où il est soigné par le docteur Potel. Ce médecin a également porté secours aux Américains. Hélas, le décès de M. Maincent n’a pas été évité.
Repères été 1944
Le 22 août au soir, lorsque l’ordre de marche par vint au général Leclerc, la 2ème DB se trouvait près d’Alençon, Le 23 au matin , Leclerc fonçait sur Paris à la tête de ses troupes, avec 3000 véhicules et 12 000 hommes répartis en trois colonnes. Au milieu de l’après-midi, il atteignait Rambouillet et y rencontrait de Gaulle. Le plan de Leclerc prévoyait que la 2ème DB, appuyée sur sa droite par la 4ème Division d’Infanterie américaine, entrerait dans Paris par Saint-Cyr et Versailles. Le gros des troupes arriverait par le sud et l’ouest : la colonne la plus au nord, commandée par le lieutenant colonel Paul de Langlade, traverserait la Seine au pont de Sèvres, entrerait dans Paris par la Porte de Saint-Cloud et foncerait vers l’Arc de Triomphe; sur sa gauche, la seconde colonne, sous les ordres du colonel Dio, entrerait par la Porte d’Orléans et s’emparerait du secteur de l’École Militaire (Invalides – tour Eiffel) ; enfin, la troisième colonne du colonel
Pierre Billotte entrerait par la Porte d’Orléans.
Le 28 août, Paris était entièrement libéré.
A lire aussi :
DE GAULLE DANS LA MANCHE
Le 10 juin 1945, le Général de Gaulle, chef du G.P.R.F. , revient dans le département de la Manche. Arrivant de Carpiquet et Bayeux, il est reçu triomphalement à Saint-Lô . Il parcourt la ville meurtrie , entre dans l’église Notre-Dame , dépose une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts, salue la foule , distribue des poignées de main. Après qu’ait retenti la Marseillaise , le maire de Saint-Lô, M. Lavalley, s’adresse à lui. Le Général répond très simplement, assurant la population du soutien de l’Etat. Puis c’est la poursuite du voyage par Agneaux , Saint-Gilles , Canisy, Marigny, Belval. A 13 heures, De Gaulle arrive au stade de Coutances. Il est accueilli par le préfet Lebas et le maire, Edmond Paupert. Après les discours officiels et une parade très appréciée , le Général se rend à l’hôtel de ville et s’adresse une nouvelle fois à la foule du balcon avant la réception dans les salons de la mairie. C’est ensuite le départ pour d’autres cités meurtries: Saint-Denis-Ie-Vêtu, Roncey, Hambye, Percy, Villedieu, Brécey, Saint-Hilaire-du-Harcouët et Mortain, où partout se manifeste la liesse populaire.
Extrais du livre de Michel Pinel



Tourisme Brecey
Fondation du patrimoine
Généalogie.com
Pays de la Baie