Découverte
LES POMPIERS DU CS DE BRÉCEY St POIS EN MANOEUVRE par lepetitcelland
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POMPIER VOLONTAIRE : GARDER LA FLAMME…
Les services de secours d’urgence aux personnes et de lutte contre les incendies sont très largement assurés en France par une sorte d’armée de volontaires – anciennement des bénévoles – c’est-à-dire de personnes qui occupent ces fonctions de secouristes et de pompiers en plus et à côté de leur activité normale : études, travail salarié ou recherche d’emploi. L’engagement chez les pompiers a longtemps relevé du pur bénévolat et mettait en avant les qualités humaines requises pour ce faire. Qualités résumées dans ce que l’on peut appeler l’ « éthique pompier » par un triptyque : altruisme, efficience, discrétion. Cet engagement, basé sur le dévouement personnel des bénévoles, a pris depuis plusieurs années une nouvelle tonalité liée à la professionnalisation grandissante de l’activité. En quelques années, les exigences professionnelles se sont considérablement accrues : l’augmentation de l’activité opérationnelle dans les secteurs urbanisés (les populations les plus défavorisées ayant plus souvent recours aux services publics gratuits). En milieu rural, comme c’est le cas dans le canton de Brécey St-Pois, 75% des interventions les plus courantes concernent des blessures à domicile. La brigade se compose de 37 personnels dont deux jeunes filles. La moyenne d’âge est de 35 ans, et l’on peut être pompier volontaire à partir de 16 ans et jusqu’à 55 ans. Les sapeurs-pompiers volontaires sont engagés pour une période de cinq ans, tacitement reconduite, en principe au grade de sapeur. La première année constitue une année probatoire. Le renouvellement de l’engagement est subordonné à la vérification périodique des conditions d’aptitude physique et médicale. Tout sapeur-pompier volontaire bénéficie d’une formation initiale à la suite de son engagement, adaptée aux missions exercées dans son centre de secours, puis d’une formation continue et de perfectionnement tout au long de sa carrière. Les candidats justifiant d’un diplôme au moins du niveau Bac + 3 peuvent être recrutés directement en tant que lieutenant de sapeur-pompier volontaire. Depuis1989 le bénévolat s’est transformé en volontariat et les pompiers volontaires sont dorénavant rémunérés sous forme de vacations.
Risquer sa vie pour 1 000€
C’est ce que touche en moyenne un sapeur pompier volontaire. Une gratification financière symbolique eu égard aux risques encourus et aux heures de vacations.Il faut savoir qu’un pompier volontaire ( s’il n’est pas fonctionnaire, ou agent territorial ) doit compter sur la bienveillance et la compréhension de son employeur. Dans la grande majorité des cas, les choses se passent bien, car chacun sait qu’en milieu rural, point de secours sans volontaires. Pourtant, en dépit des sacrifices consentis par ces hommes et ces femmes, des rivalités existent entre professionnels et volontaires. Les premiers voyant dans les seconds un engagement plus « rationnel puisqu’ils doivent constamment faire la preuve de leur plus grand professionnalisme, d’occuper les mêmes fonctions, d’avoir les mêmes responsabilités qu’eux sans que cela ne soit leur métier. Un constat qui n’échappe pas au Lieutenant Davy, Chef du CS de Brécey/ST-Pois, qui s’emploie à former ses sapeurs aux techniques de désincarcération d’un blessé à l’intérieur d’un véhicule alors même que ce type d’intervention ne représente que 25% des 430 sorties annuelles de la brigade. Dans quelques mois, le hurlement de la sirène d’alerte ne retentira plus dans Brécey et ses alentours. Elle sera remplacée par un ordinateur qui gérera les appels et les redirigera sur les pompiers d’astreinte. Reste qu’il faudra toujours décaler en moins de 7 minutes.
REPERES
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: sans le volontariat, le service public de secours des pompiers n’existerait absolument pas, notamment dans les zones rurales. Les modalités d’engagement, de formation et de rémunérations sont très variables d’un Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) à l’autre car il y a eu départementalisation progressive des SDIS. Les SPV représentent 88 % des sapeurs et caporaux, autant dire l’écrasante majorité des gens qui sont opérationnels, sur le terrain et donc très peu font partie de la chaîne de commandement ou de l’administration. 10% sont sous-officiers. Restent 2% d’officiers et de SSSM (service médical). Depuis les années 1970, il y a eu un accroissement de près de 28 % des SPV même s’il y a une baisse des engagements depuis quelques années, le CS de Brécey, lui, ne souffre pas d’une baisse d’effectifs. L’âge moyen est de 31 ans, les 18-25 ans représentent 35% des effectifs, 71 % ont moins de 35 ans : c’est à n’en pas douter une activité que l’on pratique jeune, à la fois pour des raisons de capacité physique mais aussi parce qu’avec le temps, l’obtention d’un emploi stable et le fait de fonder une famille finissent par devenir incompatibles avec l’engagement. Depuis ces dernières années la durée d’engagement ne dépasse pas cinq ans.
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PATRIMOINE. A DÉCOUVRIR ou REDÉCOUVRIR
La Sémondière en Brécey
Il existe à Brécey un petit manoir du nom de la Sémondière, proche la route de la Chaise-Baudouin, et du grand calvaire, à quelques centaines de mètres de la bourgade de Brécey. Cette vaste et belle demeure construite probablement au XVII” siècle, si l’on en juge par sa toiture très aiguë, ornée de trois petites lucarnes et flanquée de deux hautes cheminées. Au rez-de-chaussée, en façade, un perron conduit à une porte d’entrée à deux battants et l’on voit deux fenêtres de chaque côté. A l’étage, cinq grandes fenêtres. Au-dessus de la porte il y avait jadis un écusson seigneurial, celui des de Brécey « sieurs de la Sémondière» (car il y avait plusieurs de Brécey, notamment celui de la Brisolière, dont l’antique manoir à disparu depuis longtemps et que remplace actuellement une belle demeure du XIX· siècle, communément connue sous le nom de « château de la Brisolière ». Il y avait aussi un « de Brécey La Vallée» en St-Georges-de-Livoye, dont le manoir existe encore et qui a appartenu au XIX” siècle au colonel Dorsenne). Le manoir de la Sémondière est d’une ancienneté certaine comme le prouvent sa toiture et ses murs très épais; une douve à poisson l’entourait de trois côtés. C’était donc la résidence d’une branche de la famille de Brécey, appelée, pour la distinguer des autres, les «de Brécey-Sémondière ». Ils l’avaient faite construire probablement sur un terrain qui relevait de l’abbaye de Savigny, laquelle possédait un domaine important sur la paroisse de Brécey. Et l’abbaye. jusqu’à la Révolution, recevait du maître du manoir de la Sémondière une redevance consistant en une rente seigneuriale de 24 boisseaux de froment et en 2 livres, 18 sols et 4 deniers en argent. Nous ne possédons pas de renseignements sur l’origine des de Brécey-Sémondière en cet endroit. Tout ce que nous savons c’est qu’un Cosme de Brécey, écuyer, sieur de la Semondière, garde de corps du Roi, obtint des lettres de confirmation de noblesse en 1670. L’anoblissement originel datait de 1610. Cette famille des « de Brécey-Sémondière» se termina par une fille, Françoise Laurence de Brécey, qui épousa JeanBaptiste Ruault-Coutances, lieutenant d’une compagnie d’invalides de la garnison du château de St-Malo, et qui demeurait à St-Servan, à Solidor. Cette dame devint veuve en 1768, laissant deux fils: Julien Claude Marie Ruault-Coutances et Louis Charles Ruault-Coutances, ce dernier lieutenant sur les vaisseaux de Sa Majesté le Roi de France. Celui-ci hérita de son frère le manoir de la Sémondière et, selon toute vraisemblance, ne vint jamais y habiter. Il s’en débarrassa en le vendant aux enchères publiques du tribunal civil d’Avranches, le 26 août 1815.
L’acheteur fut François-Jean du Buat, demeurant à ce moment à la Mancellière, au château des de Tesson (toujours existant), ayant épousé Monique Louise Bonne de Tesson. Observons ici, en passant, que les de Brécey-Semondière ne semblent pas avoir été inquiétés pendant la Révolution, bien que nobles : ils n’émigrèrent point et leurs biens ne furent donc pas confisqués nationalement. Ce Monsieur du Buat, acheteur en 1815 du manoir de la Semondière, ex-capitaine d’infanterie, chevalier de Saint Louis, y vint habiter et y mourut en 1860, étant veuf depuis sept ans et ne laissant pas de descendance, nous semble-t-i!. Comme il avait épousé une de Tesson (de la Mancellière), il est possible que la Semondière revint, après son décès, au neveu de son épouse, Louis de Tesson, puis à son fils Alfred en 1887. Les de Tesson renonçèrent à cette propriété qu’ils n’habitaient pas et qui n’offrait pas, pour eux, un grand intérêt. Une vente du mobilier précéda la vente du manoir. Finalement, le colonel de Brécey-Brisolière, cousin éloigné des Brécey-Sémondière, attaché particulièrement aux souvenirs de sa famille, se porta acquéreur de la Sémondière qui est toujours aux mains de sa famille. Notons qu’il se rendit aussi acquéreur de l’antique séminaire de la Garlière en Saint-Laurent-de-Cuves. Un détail assez curieux va clore ce que nous pouvons savoir sur la Sémondière. On y voyait autrefois une cloche qui portait une inscription assez singulière par rapport à l’endroit où elle se trouvait. On y pouvait lire encore, en 1892, l’inscription que nous traduisons en français, car elle était en latin : « J’ai été faite par les soins et gratifications du Rév. Père Claude de Senée, prieur du couveur des Jacobins du MesnilGarnier et du Rév. Père Jean Bertot, sous-prieur et procureur, et des R.P. Pierre Moillet, professeur de philosophie et de prédicature, Jean Noblet, professeur en philosophie, bénite par le Rév. Père Claude de Senée, prieur, et nommée Claude-Jean par les dits Rév. Pères prieur et sous-prieur, pour servir à la chapelle de Boisfroult appartenant au dit couvent. » Au-dessous on lisait aussi l’inscription « Julien Huard m’a faite en 1730 ». Boisfroult se trouve dans la paroisse du Tanu et appartenait, avant la Révolution, au couvent du Mesnil-Garnier, ce qui explique que ce soient les religieux du Mesnil-Garnier qui aient fait fondre et qui ont baptisé cette cloche. Comment cette cloche était-elle venue se perdre à la Sémondière en Brécey ? On ne le saura jamais. Ce qui est certain c’est que les biens de l’abbaye du Mesnil-Garnier ayant été confisqués furent vendus nationalement. La cloche fut peut-être sauvée du naufrage par le châtelain de la Sémondière, qui en fit un ornement de son manoir. Ajoutons que, visible encore à cet endroit en 1892, elle a, depuis lors, disparu. Elle est peut-être allée se faire refondre à Villedieu. Disons, pour en finir, que l’épouse de M. du Buat, dernier habitant noble de la Sémondière, était décédée en 1853 et qu’elle fut inhumée au cimetière de la Mancellière. Sur sa tombe, on lisait encore en 1882 : « Madame du Buat, née de Tesson, mère des pauvres et des affligés, épouse de M. du Buat, ex-capitaine d’infanterie, chevalier de Saint Louis, décédée en 1853.» (1).
Source
Maxime FAUCHON
(1) Sur les du Buat, voir la monographie de L.C. et de Hulmel dans la Revue
Catholique de Normandie, mai-juillet 1932.
Sur la cloche de la Semondière, voir Mémoires de la Société d’Archéologie
d’Avranches, t. 10, p. 229, article de M. de Tesson.
Sur les de Brécey-Semondière, voir Mémoires de la Société d’Archéologie
d’Avranches, t: XI, p. 45, par Alfred de Tesson.
Site Internet du Château de la Sémondière
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