CHOUANNERIE NORMANDE

8 mai 2011
DIMANCHE, 1 MAI 2011.
Association « Souvenir de la Chouannerie Normande » Dimanche 1er mai 2011
Association « Souvenir de la Chouannerie Normande » Dimanche 1er mai 2011

À croire que les bleus ont la rancune tenace, car pour la troisième année consécutive, c’est sous la grisaille et la pluie que le cortège conduit par André Desmolins, Président de l’association «  Souvenir de la Chouannerie Normande” basée à Tilly-sur-Seulles dans le Calvados, s’est rendu aux Trois Croix  pour y déposer une gerbe et écouter l’évocation de la seconde Chouannerie en 1796. C’est à cet emplacement que voici deux-cent quinze ans  se produisit un engagement, ou s’affrontèrent trois colonnes républicaines qui remontaient d’Avranches, à une poignée de Chouans originaires de Vernix, Tirepied et Brécey. Là où fut assassiné l’Abbé Gouvetz chanoine de la cathédrale d’Avranches. Il expira au Petit-Celland où il avait choisi son séjour pendant la tourmente révolutionnaire.

Les fidèles se sont retrouvés ensuite dans l’église du Petit-Celland, pour assister à  la traditionnelle messe en latin célébrée par l’Abbé Pestour, curé de Saint Hilaire du Harcouet.

Discours de M. Desmolins Président de l'association
Discours de M. Desmolins Président de l’association
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BELLAVIDES CHEF DES CHOUANS



L’origine les de Larturière semble se situer ,à Brécey ou aux environs soit dans Le Grand soit dans le Petit-Celland. jadis paroisses de Saint-Médard et de Saint-Ouen-de-Celland, et la famille occupait un rang très honorable dans la région. En 1642,un Jean de la Huppe épouse Suzanne-de Brécey. En 1661, Gabriel de la Huppe sieur de Larturière, Ecuyer, est nommé garde du corps du roi. En 1665, Richard de la Huppe sieur de la Moussardière ( ce lieu es t situé dans Le Grand -Celland ) écuyer, conseiller du roi , époux de dame Christine Turquetil de l’Isle, figure comme témoin pour l’élection en baronnie des fiefs de Brécey en Faveur du sieur de Vassy. Ce Richard de la Huppe eut pour fils Gabriel de la Huppe de Larturière écuyer, garde du corps, lequel épousa dame Françoise Le Comte et acheta l’office de Conseiller du Roy, lieutenant civil et criminel du bailliage d’Avranches en 1701. A son décès, un conseil de famille composé dé Gabriel de la Robichonnière. Prêtre (fondateur du séminaire de la Garlière, en la paroisse de Saint-Laurent-de Cuves), de Claude-François de la Huppe, avocat, de François de Brécey, de François de Bréhier et du sieur de la Bodinière, nommait sa veuve, Françoise Le Comte, tutrice de ses enfants. En 1720 intervint un partage entre les deux fils : l’aîné, Jean-Baptiste de la Huppe, eut dans son lot les terres de la Moussardière et de Larturière; le second, Claude-François Angélique eut les terres de Notre-Dame-de-Livoye et de Malaize et se fit appeler sieur de Malaize. En 1723, l’aîné, ].-B. de la Huppe, sieur de la Moussardière, écuyer, qui tenait de son père la charge de lieutenant civil et criminel, épousa Françoise Lethimonnier fille de Gabriel Lethinonnier garde de la porte sous Louis XV, et de Françoise de Brécey, qui lui apporta en dot La Douettée, petite gentihommière en Le Petit-Celland, ainsi que le manoir de Servon. Dès lors, J.-B de Larturiêre fit sa résidence de campagne à la Douettée. Il décéda en laissant quatre enfants dont un fils et trois filles mortes sans postérité.

SPECIAL SALON DE L’AGRICULTURE

22 février 2011

INAUGURATION DU SALON DE L’AGRICULUTURE.

LES TEMPS CHANGENT…

Accompagné du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy a été dès son arrivée  sollicité par des éleveurs inquiets.

Il faut absolument revoir les prix à la production, sinon on va mourir”, lui a dit l’un d’eux. Ne vous inquiétez pas leur a rétorqué le chef de l’Etat : « On est 6 milliards d’individus sur terre, on sera bientôt 9 milliards, on aura toujours besoin de vous. Vous ne disparaîtrez pas. Vous continuerez à exister mais pas de la même manière”. Et tout le problème est là justement, de quelle manière ? Car derrière ces paroles « optimistes » qui ne sont pas de nature à rassurer une profession inquiète pour son avenir, il y a les chiffres. Il y avait  en 2007 507 000 exploitations agricoles en France. En 2020, il en restera la moitié. Et encore, si tout va bien !

Dire aux agriculteurs qu’on aura besoin d’eux pour nourrir la planète, c’est prendre la tangente pour s’écarter des vraies réponses à leur apporter. Mais il est vrai que l’endroit  est propice aux grands effets d’annonces. Et notre Président est un expert en la matière.

tracteur

Avant de faire de telles déclarations, il faut se pencher sur les chiffres. En France, les agriculteurs ne représentent plus que 3,5% de la population active contre 46% en moyenne mondiale (approximativement). En revanche, agriculteur est la profession la plus répandue dans le monde, et le nombre d’agriculteurs augmente toujours dans beaucoup de pays. À l’échelle du monde, on peut estimer le  nombre à 1 milliard et demi en 2010. Dans les pays développés, la superficie consacrée aux terres cultivées recule. Mais elle continue d’augmenter à l’échelle mondiale, certes moins vite que le nombre d’agriculteurs d’où une diminution globale des superficies par exploitation (notamment en Chine et en Inde, pays qui abritent à eux seuls les 2/3 des agriculteurs de la planète). En France, la terre cultivable se raréfie, et elle n’est pas extensible. Donc, lancer aux agriculteurs français qu’ils seront toujours indispensables pour nourrir la planète est une lapalissade. Sauf qu’il faut raisonner d’un point de vue mondial, et pas seulement français. À l’échelle mondiale, la question « nourrir les hommes » se pose à travers quelques ordres de grandeur. La superficie des continents se décompose actuellement en 6200 millions d’hectares d’espaces sans végétation, 4100 millions d’hectares d’espaces forestiers, 3100 millions d’hectares de prairies (naturelles) et 1500 millions d’hectares de terres arables (dont 275 millions avec irrigation : cela représente 18% de la surface mais 40% de la production agricole mondiale !).

Donc, à l’échelle mondiale, il faut augmenter les rendements car les besoins à venir vont croître à la mesure de la croissance démographique. En effet, la production mondiale de céréales avoisine les 2 milliards de tonnes pour une population de 6 milliards d’individus, soit une moyenne de 330 kg par habitant et par an. En 2012-2013, nous aurons atteint une population mondiale de 7 milliards d’âmes. Il faudra donc produire 330 millions de tonnes de céréales de plus. Cela revient à créer une sorte de « clone » des États-Unis (au niveau de la production) d’ici 12-13 ans. Deux alternatives sont possibles : augmenter les superficies cultivées ou accroître les rendements. Un scénario impossible en Europe quant on sait que l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont réduit de façon drastique leurs surfaces agricoles. Et c’est là que le bât blesse. De plus, qui dit rendement, dit engrais, pesticides et autres saloperies. Et l’on connaît aujourd’hui les méfaits que ces produits chimiques répandus en grande quantité dans nos champs ont sur la santé. L’augmentation des rendements est un argument qui ne tient pas. Du moins en France, car dans les pays en voie de développement, ce n’est que le début. Ce qui n’est pas pour déplaire aux industriels, qui vont réaliser de gros bénéfices. Les agriculteurs français, quant à eux, doivent se préparer à des jours difficiles. Pour se consoler, ils pourront toujours écouter Carla chanter : «  Douce France  cher pays de mon enfance ». Une chanson écrite par le grand Charles Trenet pendant la guerre, pour redonner de l’espoir aux gens. Alors Sursum corda !

L’HISTOIRE DES CELLANDS

9 novembre 2009

L’histoire des Cellands remonterait à plus de 4000 ans comme en témoigne la Roche au Diable, mégalithe dressé à la Pillière sur l’actuelle commune du Grand Celland, mais tout proche du bourg du Petit-Celland. Cette pierre d’environ deux mètres de haut porte de nombreuses traces de mortaises de débitage, technique longtemps utilisée pour détailler les blocs de pierre. Mise en place vraisemblablement vers 2500 av .JC, on lui attache désormais une légende médiévale qui lui a laissé son appellation. Des haches et polissoirs découverts à la carrière de la Horique sont également témoins d’une occupation humaine dès le néolithique.

 

L’église du Petit-Celland

5 août 2009
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Eglise du Petit-Celland 1906

Le Petit-Celland fut une des paroisses du canton de Tirepied érigé en 1790. Le curé s’appelait Pierre Affichard et le vicaire Simon Gabriel Lebrun né dans la paroisse, ordonné prêtre en 1775, il y excerça son ministère jusqu’en 1790. Gerbold-Pierre Lebrun, son frère, né en 1757, prêtre en 1791, était alors curé dans le diocèse du Mans. Un autre prêtre du Petit-Celland, Mr Louis-Georges Gouvets, ordonné prêtre le 25 mars 1767 était depuis la même année chanoine de la cathédrale d’Avranches.




Jusqu’en 1790 la paroisse était en paix, les idées nouvelles nées de la révolution ne semblaient pas faire l’unanimité parmi la population du Petit-Celland. Ce sont deux jeunes gens originaires du village et qui habitaient depuis plusieurs années dans la capitale qui vont se faire les apôtres de la révolution. Comme leurs doctrines anti-religieuses favorisaient la licence, elles ne tardèrent pas à trouver de l’écho et les habitants se partagèrent en deux camps.


Le 2 janvier 1791 séance mouvementée à l’Assemblée constituante où l’évêque in partibus.

De Lyddia, Gobel prête serment. Le 7 janvier, Mirabeau fait adopter un décret facilitant le recrutement des ecclesiastiques : tout prêtre ayant cinq années d’ancienneté pourra être élu curé. Le curé, le vicaire et les deux autres prêtres du Petit-Celland refusèrent. Comme ils étaient très appréciés et estimés, leur exemple affermit les bons dans leur attachement à l’église. Leur décision, ne fit qu’irriter les autres. endant que le curé intrus François-Louis Lebocey, natif de Marcilly prêtre depuis 1791 peine à rassembler les habitants du Petit-Celland autour des principes de l’ancien régime, à Paris, Talleyrand reprend un instant ses fonctions épiscopales et sacre les premiers évêques constitutionnels élus, Expilly et Claude-Eustache – François Marolles. Loin des tumultes de l’Assemblée constituante, le Petit-Celland n’en est pas moins épargné. Monsieur Affichard, curé légitime, déjà avancé dans l’âge n’avait pas émigré mais s’était retiré chez l’un de ses neveux au village de Lamballe, en Saint Senier, à proximité du Petit-Celland. Quoi qu’infirme et hors d’état d’exercer un grand ministère, sa présence dans un lieu aussi voisin du Petit-Celland apparut dangereuse. Il fut condamné à la réclusion dans la maison du Mont Saint Michel, ou il fut conduit par son neveu le citoyen Pierre Laisné de la commune de Saint Senier en vertu d’un laisser passer délivré par l’agent national du district d’Avranches le 2 Florial, an II. Remis en liberté après plusieurs mois de réclusion, Affichard repartit pour Lamballe où il mourut le 30 Germinal 1795, an VI.

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La légende

Pour en revenir au Petit-Celland, on ne connaît pas avec précision l’époque où le christianisme y fut prêché. Il n’existe aucun document pour l’attester. L’hypothèse la plus « crédible » penchant plutôt en direction de la légende de Saint Gerbold évêque de Bayeux né au village de la bérrière, à quelque pas de l’église. Il y vécu quelques années, et il y aurait dit-on y fait des miracles.






Témoignages de guerre

3 août 2009


 

DE GAULLE DANS LA MANCHE ” Naissance du Mythe”

Le 10 juin 1945, le Général de Gaulle, chef du G.P.R.F. , revient dans le département de la Manche. Arrivant de Carpiquet et Bayeux, il est reçu triomphalement à Saint-Lô . Il parcourt la ville meurtrie , entre dans l’église Notre-Dame , dépose une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts, salue la foule , distribue des poignées de main. Après qu’ait retenti la Marseillaise , le maire de Saint-Lô, M. Lavalley, s’adresse à lui. Le Général répond très simplement, assurant la population du soutien de l’Etat. Puis c’est la poursuite du voyage par Agneaux , Saint-Gilles , Canisy, Marigny, Belval. A 13 heures, De Gaulle arrive au stade de Coutances. Il est accueilli par le préfet Lebas et le maire, Edmond Paupert. Après les discours officiels et une parade très appréciée , le Général se rend à l’hôtel de ville et s’adresse une nouvelle fois à la foule du balcon avant la réception dans les salons de la mairie. C’est ensuite le départ pour d’autres cités meurtries: Saint-Denis-Ie-Vêtu, Roncey, Hambye, Percy, Villedieu, Brécey, Saint-Hilaire-du-Harcouët et Mortain, où partout se manifeste la liesse populaire.

 

Extrais du livre de Michel Pinel
LE PRIX DE LA LIBERTÉ

 


Du débarquement à la libération du département de la Manche

25 juillet 2009



Première partie 1939 -1943


Pour un grand nombre de Français la guerre de 1939-1945 est en réalité celle de 1940-1944, c’est-à-dire celle qui va de l’invasion allemande à la libération de leur ville. Chacun pointe midi à son clocher, oubliant un peu vite ceux qui ne sont pas libérés, ceux qui sont prisonniers en Allemagne, les innocents qui ont été déportés dans les camps de la mort et qui ne reviendront pas.

Août 1944 voit la libération de presque tout le territoire français métropolitain et le 15 septembre 1944 les 9/10 de Paris qui vit, dans la fièvre des combats de rues, des heures exaltantes que couronne l’arrivée d’une armée française à nouveau victorieuse. Après quatre années d’occupation, la France recouvre sa liberté. Juin 1940, premier « tournant de la guerre » marque également un tournant capital de notre destin

national. Sur le plan militaire, rien ne pouvait modifier le sort des armes, tout au plus pouvait-on espérer raccourcir ou prolonger la lutte de quelques semaines. Dès le mois de mai 1939, Paul Raynaud avait évalué la situation en termes mondiaux et résumé son opinion dans un slogan « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». Une formule présomptueuse que n’approuvait pas son jeune sous-secrétaire d’état récemment promu, un certain

Colonel De Gaulle. Pour la première fois, un militaire osait dire que la France n’était plus le centre du monde, et qui lui faudrait se doter de moyens militaires modernes, de chars notamment, pour pouvoir affronter une armée allemande suréquipée et bien entraînée.

De Gaulle avait vu juste, notre ligne « imaginaire » dominant la ligne bleue des Vosges n’a pas fait illusion longtemps. On connaît la suite…

 


Quelques semaines après la défaite de juin 1940 et l’entrée des troupes de la Wehrmacht dans Paris, ce même colonel, devenu depuis Général, lançait un appel depuis le micro de la BBC à Londres pour inviter les militaires à le rejoindre en Angleterre pour continuer le combat.

2009 marque un double anniversaire. Le 1er septembre 1939 à 5h45, les troupes allemandes envahissent la Pologne. A 10h30 : le gouvernement français décrète la mobilisation générale et l’état de siège. Le 10 mai 1940 à 4h45, c’est le premier jour de l’attaque allemande sur la France. Quatre ans plus tard, le 6 juin 1944, à 6h31, les premières barges de débarquement des troupes américaines approchent de la plage d’Omaha Beach pour se lancer à l’assaut de la forteresse nazi.



Deuxième partie


1939/1940. Pour les habitants du Petit-Celland (Canton de Brécey), la période de l’occupation fut vécue différemment selon l’engament de chacun. André habitait St Ovin, il est parti au service militaire près de Versailles en 1938. Après sa courte permission à la veille de l’entrée en guerre, il ne sait pas encore qu’il ne reverra pas son village avant 1945. L’autre André lui, a refusé de partir travailler en Allemagne en 1943. Il va se cacher pendant un an dans une ferme. Chacun à sa propre vision de cette époque, mais tous s’accordent pour dire que c’est un chapitre de l’Histoire qu’ils n’oublieront jamais.

 

Repères de l’année1942

 

Dans l’histoire des conquérants, un moment vient où « Rien ne va plus ». Attila connaît ses Champs Catalauniques, les Mongols sont arrêtés à Liegnitz, les Turcs à Leplante, Napoléon à Moscou. Désormais l’aigle nazi a du plomb dans l’aile. En dépit du fait que ses armées continuent leur progression à l’Est, qu’elles menacent l’Egypte et le delta du Nil, et sur le cercle polaire, Mourmansk ; au cœur de la Russie. Le colosse soviétique est sur le point d’être étouffé en raison de l’arrêt total de ravitaillement. Staline réclame aux alliés l’ouverture d’un second front à l’ouest, mais Churchil s’y refuse. Les alliés préparent un débarquement en Afrique du Nord. L’Amiral Yamamotto qui a commandé l’attaque sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941 avait vu juste lorsqu’il déclara. « Cette attaque a réveillé un géant, la guerre va être longue». Pour les allemands, tout se retourne. Stalingrad est trop loin, ceux qui y sont parvenus n’en reviendront pas. L’Amérique est trop puissante et elle fait franchir l’Atlantique à un énorme convoi jusqu’en Algérie, qui va se transformer en base d’assaut contre le sud de l’Europe. C’est une répétition générale au débarquement alliés sur les plages de Normandie deux ans plus tard. La formidable machine industrielle de guerre américaine s’est mise en marche.

 



Troisième partie 1944 – quatrième partie – les préparatifs du débarquement et la percée d’Avranches

1939/1940. Pour les habitants du Petit-Celland (Canton de Brécey), la période de l’occupation fut vécue différemment selon l’engament de chacun. André habitait St Ovin, il est parti au service militaire près de Versailles en 1938. Après sa courte permission à la veille de l’entrée en guerre, il ne sait pas encore qu’il ne reverra pas son village avant 1945. L’autre André lui, a refusé de partir travailler en Allemagne en 1943. Il va se cacher pendant un an dans une ferme. Chacun à sa propre vision de cette époque, mais tous s’accordent pour dire que c’est un chapitre de l’Histoire qu’ils n’oublieront jamais.


Repères 25 juillet déclanchement de l’offensive « Cobra »

 

C’est la 4ème division blindée du 8ème corps US qui fit la percée d’Avranches le 31 juillet 1944. Le lendemain, un détachement de la 1redivision d’infanterie américaine The Big Red One

Qui venait de Brécey débouche au carrefour de la Tessardière lorsqu’ils se retrouvent face à des fantassins allemands qui tentaient

de rejoindre Mortain. Un bref combat s’échange, qui vit un mort dans les rangs de la Werhmart. Les soldats de 1er division d’infanterie sont les premiers à avoir débarqué sur la plage d’Omaha Beach surnommée la «  sanglante » le 6 juin 1944 à 6 heures 31.



 

CINQUIEME EPISODE ” La percée d’Avranches”


 

Coutances fut libérée le 28 juillet. Le Général Bradley ordonna la poursuite de l’avance vers le sud : il s’était rendu compte que la percée allait réussir.Trois jours plus tard, la 4ème Division blindée du 8ème Corps s’empara d’Avranches et prit le contrôle du pont de la Sée, à cinq kilomètres de Pontaubault, près du Mont-Saint-Michel. Le 31 juillet au matin vit presque le sort des armes se tourner. Brécey fut libéré dans la foulée de ce vaste mouvement.

Au Petit-Celland, on attend impatiemment l’heure de la libération. Juliette vient d’accoucher difficilement de son deuxième enfant sous la surveillance d’un officier Allemand. Yvonne va au-devant des américains sur la route de Mortain au péril de sa vie, car les Allemands du groupe de combat Bacheret viennent de contre attaquer la 4ème Division blindée.

 

André Cassin, de St Ovin

André peut enfin sortir de sa cachette à Sartilly, c’est de là qu’il voit les premières colonnes américaines marcher de chaque côté de la D 973 en direction d’Avranches. Lucien est à Saint Laurent de Cuves pris en tenaille entre les Allemands et les Américains qui remontent par la route de Cuves.Pendant ce temps, Andréde St Ovin se morfond toujours dans son stalag du Bade-Wurtemberg. Il va lui falloir attendre encore un an avant de revoir sa Normandie.


 

 

Sixième épisode:  Le retour à la vie

 

Fin juillet 1944 La 3ème Armée de Patton atteignit Avranches le 1er août. Le généra l Bradley autorisa alors Patton à déplacer la majorité de ses hommes vers l’est, en direction de la poche d’Orléans et de la Seine ; par ce mouvement d’encerclement, il menacerait de déborder les armées allemandes au sud de Caen et les forcerait à se replier.




Nous reproduisons ici quelques lignes du livre de Michel Erard : «  Témoignages de leur temps » qui relate jour après jour les derniers moments avant l’arrivée des américains dans Brécey.

 

Lundi 31 juillet 1944

 

Tankistes américains. Brécey,juillet 1944

Tankistes américains. Brécey, 31 juillet 1944

 

L’aviation alliée est très présente : de nombreux mitraillages,des tirs se font entendre en direction d’Avranches et de Tirepied. Tout à coup, dans la soirée, un bruit de mitrailleuse retentit dans le bourg. Quelques minutes plus tard, un motard allemand alerte tous les soldats dont un certain nombre de russes qui bivouaquent sous les pommiers et dans les bâtiments au Carrefour. Tout le monde décampe à vive allure vers le Petit-Celland. Profitant de leur panique, je prends possession d’un cheval que je vais cacher dans un champ et nous apprenons par un passant qui s’échappe du bourg à la hâte, que des américains sont passés dans la bourgade « Il y a des américains blessés, des civils et allemands tués! » . Toute la nuit, c’est le silence… un lourd silence.

 

Vers 17h-18h, Fernand Rennes, (père de l’ancien notaire prénommé aussi Fernand) assiste stupéfait à l’arrivée du premier char américain qui prend la direction de Cuves, en face de chez lui, place de l’église. Des Allemands, présents en face du café Boursin, et dans le jardin du presbytère, se regroupent dans la rue de l’église . Sur le chemin du Fonteny, un autre Brécéen, M. Maincent, veut lui aussi se rendre compte de la situation. Mal lui en a pris, car sur la place de l’église et route de Villedieu, des tirs d’armes automatiques se déclenchent, des grenades éclatent… M. Maincent tombe gravement blessé… Un char américain brûle en face le magasin Lucas … Les américains blessés se réfugient dans le magasin, le vicaire, l’abbé Yver aidé par l’instituteur Lavarde porte courageusement secours aux victimes. Ils récupèrent M. Maincent qu’ils transportent à l’Adelaire où il est soigné par le docteur Potel. Ce médecin a également porté secours aux Américains. Hélas, le décès de M. Maincent n’a pas été évité.





Repères été 1944

 

 

Le 22 août au soir, lorsque l’ordre de marche par vint au général Leclerc, la 2ème DB se trouvait près d’Alençon, Le 23 au matin , Leclerc fonçait sur Paris à la tête de ses troupes, avec 3000 véhicules et 12 000 hommes répartis en trois colonnes. Au milieu de l’après-midi, il atteignait Rambouillet et y rencontrait de Gaulle. Le plan de Leclerc prévoyait que la 2ème DB, appuyée sur sa droite par la 4ème Division d’Infanterie américaine, entrerait dans Paris par Saint-Cyr et Versailles. Le gros des troupes arriverait par le sud et l’ouest : la colonne la plus au nord, commandée par le lieutenant colonel Paul de Langlade, traverserait la Seine au pont de Sèvres, entrerait dans Paris par la Porte de Saint-Cloud et foncerait vers l’Arc de Triomphe; sur sa gauche, la seconde colonne, sous les ordres du colonel Dio, entrerait par la Porte d’Orléans et s’emparerait du secteur de l’École Militaire (Invalides – tour Eiffel) ; enfin, la troisième colonne du colonel

Pierre Billotte entrerait par la Porte d’Orléans.

 

Le 28 août, Paris était entièrement libéré.



A lire aussi :


 

DE GAULLE DANS LA MANCHE

Le 10 juin 1945, le Général de Gaulle, chef du G.P.R.F. , revient dans le département de la Manche. Arrivant de Carpiquet et Bayeux, il est reçu triomphalement à Saint-Lô . Il parcourt la ville meurtrie , entre dans l’église Notre-Dame , dépose une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts, salue la foule , distribue des poignées de main. Après qu’ait retenti la Marseillaise , le maire de Saint-Lô, M. Lavalley, s’adresse à lui. Le Général répond très simplement, assurant la population du soutien de l’Etat. Puis c’est la poursuite du voyage par Agneaux , Saint-Gilles , Canisy, Marigny, Belval. A 13 heures, De Gaulle arrive au stade de Coutances. Il est accueilli par le préfet Lebas et le maire, Edmond Paupert. Après les discours officiels et une parade très appréciée , le Général se rend à l’hôtel de ville et s’adresse une nouvelle fois à la foule du balcon avant la réception dans les salons de la mairie. C’est ensuite le départ pour d’autres cités meurtries: Saint-Denis-Ie-Vêtu, Roncey, Hambye, Percy, Villedieu, Brécey, Saint-Hilaire-du-Harcouët et Mortain, où partout se manifeste la liesse populaire.

 

Extrais du livre de Michel Pinel

LE PRIX DE LA LIBERTÉ


 

 

 

 

 

 

Saint Gerbold

22 juillet 2009
A la gloire de dieu

A la gloire de dieu

A LA PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU

De Dieu-Saint Ouen de Celland

L’an mil sept cent cinquante deux le 21 juillet, nous Messires Guillaume Le Clerc prêtre curé, Pierre Affichard, prêtre vicaire et Pierre Roult menuisiers, Simon Frault certifions que la présente statue de St Gerbault ayant été prise pour estre racomodée à cause de sa vétusté, nous y avons remarqué deux ossements de différentes grosseur. L’un dans le chef et l’autre dans le cors de ladite figure enchassés dans du plâtre que nous avons cru estre des reliques. Ni aayant vû aucunne corruptions et qu’on y a laissé sans y toucher : autant du présent mentionné dans les registres de baptême et celuy de confrérie.

Signé
Leclerc, Frault, Brioult, Brioult

 

Lettre du Curé

Lettre du Curé

Traduction de la lettre du Curé :

Je soussigné Curé de Saint Ouen de Celland, certifie que les deux ossements dont la description va suivre ont été retirés par moi d’une vieille statue de Saint Gerbold trouvée sous la tour, et que les deux ossements en question ont été placés sur un coussin de soie verte, et attachés avec un cordon de couleur verte. Lequel coussin est déposé dans une boîte vitrée.

Des cachets avec les initiales A.C ont été apposés sur le cordon ainsi que sur la boîte dont la couverture est retenue par un fil de fer.

Ces ossements retirés de la statue Saint Gerbold étaient sans authentique et sans sceau épiscopal, il y a tout lieu de croire que ce sont des ossements du Saint évêque de Bayeux.

L’ossement principal a comme longueur un peu plus de huit centimètres comme grosseur, il a dix centimètres à une extrémité et un peu plus de huit centimètres à l’autre extrémité.

L’autre ossement n’a comme longueur que quatre centimètres et paraît être une phalange d’un doigt plus grosse d’un côté que de l’autre.

Les ossements ainsi décrits ont été déposés avec respect dans la boîte de cerisier pour êtres placés dans la sacristie.

Saint-Ouen de Celland ou Le Petit-Celland

Le 16 février 1909.

La lettre du Curé...

La lettre du Curé...

Lettre à Mr l’Abbé Gilbert, Vicaire général de Mgr l’évêque de Coutances et d’Avranches

Monsieur l’Abbé,

Veuillez prendre lecture de la pièce ci-incluse et me faire connaître ce que j ‘ai à faire des ossements renfermés dans l’ancienne statue de st Gerbold.

Votre très humble et respectueux serviteur.

J. Vaudou …

C. du Pet it-Celland

Le Petit-Celland, 3 7bre 1860

Monsieur le Curé,

Il n’y a qu ‘un seul parti à prendre, si votre ancienne statue n’est pas brisée entièrement : la restaurer proprement et la placer honorablement dans votre sacristie ; et remettre les ossements à la place qu’ils occupaient, en ajoutant un procès-verbal rédigé par vous (dans le genre de celui que je vous renvoye) et dans lequel vous exposerez que vous avez trouvé les dits ossements et les avez respectueusement remis en leur place (vous ferez très bien de rédiger ce procès-verbal en imitant celui de 1752 et faisant ajouter quelques signatures à la vôtre, vicaire général celle des membres de la fabrique . Vous remettrez avec les ossements et votre procès-verbal la pièce ci-incluse et vous ferez mention de tout cela dans votre registre paroissial sur lequel vous copierez les deux pièces .

Si (contre toute vraisemblance) la vieille statue était détruite, vous placeriez les ossements dans une boîte fermée et vitrée, avec la pièce ci-jointe et un procès-verbal énonçant les faits relatifs à la statue et aux reliques et vous placeriez honorablement cette boîte dans votre sacristie avec cette inscription ossements trouvés dans l’ancienne statue de St Gerbold, vous transcririez sur le registre paroissial les deux procès-verbaux et le récit des faits (avec signatures). Dans l’une et dans l’autre supposition, vous vous abstiendrez de rendre dans l’église aucun honneur aux dits ossements.

Tout et toujours à vous

Il 7bre
J. Gilbert
Vicaire Général

CIRCONSTANCES DE LA MORT DE L’ABBÉ DE GOUVETZ

8 janvier 2009

Pour comprendre la mort de M. de Gouvetz, il est nécessaire de se plonger dans le climat de l’époque; car l’hiver 1795-1796 fut marqué dans l’Avranchin par les combats de la chouannerie. Après la Vendée, Ia Bretagne et Ie Maine, ,le sud de la Normandie se souleva « pour Dieu et le Roy». Les cantons de Saint-James et de Pontorson engagèrent le feu; au district d’Avranches, on était inquiet : la ville fut mise en état de siège et l’on mit sur pied une colonne mobile pour exterminer les rebelles. Mais les chouans se levaient comme champignons après l’orage; paysans réfractaires à la conscription; jeunes nobles qui donnaient pour Ia gloire un dernier baroud; aventuriers de tout poil attirés par le pillage. Dans la région de Brécey , Bellavidès était sous les ordres du comte de Ruays. Né à Avranches le 26 septembre 1773, jean-jacques de la Huppe de Larthurière s’était engagé à 17 ans , à Granville, dans la marine royale. Comme il ne cachait pas ses opinions royalistes, il fut congédié le 30 avril 1794 et rentra dans ses foyers, à la Doittée, manoir familial situé à la fois sur Vernix et le Petit-Celland. « Le brave et loyal capitaine » ne tarde pas à prendre du service au compte des Chasseurs du Roy . Leurs chefs tenaient conseil de guerre dans le presbytère abandonné de Saint-Georges-de Livoye. Leur activité se manifestait de deux façons : par des coups de main audacieux et rapides contre les assassins des bons prêtres, les curés jureurs trop zélés et les acquéreurs des biens nationaux; et par des engagements plus sérieux comprenant des centaines d’hommes, pour intercepter les convois de vivres ou repousser les colonnes des bleus. Tels , les combats de Villechien, de Sainte-Cécile, de Sainte-Pience où Bellavidès se cassa la jambe en sautant un fossé. Les plus importants eurent lieu dans les Cellands, les 2 mai et 1er juin 1796. Au cours de ce dernier engagement, se distingua Jean de la Braize; surpris en son château du Boulvert, à la Chapelle-Urée, emmené pour être exécuté, au Chêne-Robin, 500 m plus Ioin , le jeune homme réussit à s’enfuir vers Celland . Ce fut l’occasion du combat de la Forge Coquelin , à Ia limite de Montgothier et du Grand-Celland, entre chouans et bleu s qui occupaient le terrain. Mais revenons au 2 mai , sur la crête qui domine le Petit -Celland, à 400 m à l’ouest de l’église, sur la Bruyère du Bois, à l’angle de la rue des prêtres et du chemin de la Dorée.

Les chouans de Bellavidès étaient rassemblés dans le bois au nombre de quinze cents. Aussitôt alerté , le commandement militaire d’Avranches résolut d’en finir avec eux .Il disposa ses troupes en trois collonnes pour encercler l’ennemi . Après trois heures de combat, les chouans semblaient avoir l’avantage ; un de leurs chefs, jeune homme de 18 ans, poursuivait les fuyards, le sabre à la main, quand il reçut un coup mortel. C’était Victor Philippe de Cantilly. A 17 ans, il avait voulu accompagner son père et ses frères dan s l’armée du roi : « Laissez-moi partir , avait-il dità sa mère qui voulait le retenir; je ne quitterai pas mon frère, je serai son conseil et son ami ; nous partons pour Dieu et pour le roi ; je serai toujours digne de cette cause ». L’arrivée de la colonne montant de Vernix fit reculer les chouans jusqu’à Reffuveille. Ils emportaient Bellavidès, légèrement blessé . A la nuit, les Cantilly revinrent sur le terrain chercher parmi les 30 ou 40 morts, leur frère, Victor, dit Montjoie. il était déjà enterré sur le chemin de la Dorée où il était tombé . Ils portèrent son corps dans le cimetière du Petit-Celland. Malgré le courage et les succès des chouans, la partie n ‘était pas égale : les volontaires n ‘étaient pas payés ; les chefs, à bout de ressources et de munitions , ne pouvaient exploiter leurs succès ; les paysans normands se lassaient eux aussi d’une lutte où ils étaient victimes des atrocités commises de part et d ‘autre. Aussi quand Hoche leur promit l’amnistie, les chouans firent-ils leur soumission. Le 23 juin 1796, de Ruays se rend à Brécey, et le 27, Bellavidès se soumet au général Quesnel à Avranches. Le 6 juillet, près d’Alençon, la paix est conclue. C’est la fin de la première chouannerie. Par ses attaches familiales, M. de Gouvetz était lié aux chouans de la région; d’ancienne noblesse, il était, par sa mère, cousin des Cantilly, de Dragey; il était parent et ami de M. de Larthurière , dont le père était président de l ‘élection à Avranches, quand lui-même était au chapitre de la cathédraie ; ils étaient même voisins au bord de la Sée, puisque les deux manoirs du Petit-Celland n’étaient pas à 1 km de distance. Il avait vu naître le jeune Bellavidès et sans doute, par la confiance des parents avait-il veillé sur son éducation. M. de Gouvetz avait sûrement des convictions royalistes et son caractère ne le portait pas à adopter la nouveauté. Mais il ne faut pas voir en lui un de ces sectaires à qui l’expérience n’apprend rien; Il n’était pas normand pour rien, et son esprit pratique I’inclinait à s’accommoder des circonstances . Aussi , il n’y a pas lieu de suspecter sa loyauté quand il fait la déclaration du 30 mai 1795, de vouloir vivre soumis aux lois et fidèle à la République. S’il ne s’est jamais compromis avec les chouans, c’est non par peur mais par loyalisme et prudence. Si nobles soient les intentions des chefs, rétablir la justice en poursuivant des criminels, il n’approuve pas la violence de leurs combats ; nous en avons la preuve quand il refusera de dénoncer ses agresseurs. Il n’a rien du prêtre réfractaire. tel que Desfeux l’a dépeint, « qui soulève les masses ignorantes au nom de la religion; qui oblige les jeunes recrues à prendre du service dans l’armée royale, sous peine de damnation éternelle » . Avant l’amour de son roi , il met celui de son Dieu, de ce Dieu qui l’éclaire à travers les .événernents, en lui montrant les nécessaires distinctions qu ‘avait confondues l’ancien régime, entre le spirituel et le temporel ; détaché de la vie agréable d’autrefois et de toutes les choses de la terre, peut-être se sent -il appelé à de plus grands détachements encore. Après les événements de Quiberon , on le suspecte à nouveau : et si des mesures d’humanité sont prises pour lui comme pour douze autres prêtres, il semble bien que c’était leur accorder un sursis : le département n’avait le choix qu’entre deux décisions : assignation à résidence ou arrestation. Depuis six mois et plus , M. de Gouvetz exerçait au Petit-Celland un ministère clandestin, quand, le lundi 2 avril 1796, il se rendit à Avranches. Le jour de Pâques était tombé cette année-là le 28 mars : il avait eu le temps d’aider ses paroissiens qui avaient eu recours à lui pour remplir leur devoir religieux. Il venait bénir, le lendemain, le mariage de sa seconde nièce avec Charles Le Tellier. La cérémonie n’était pas longue : les invités peu nombreux ; même l’oncle Jean-Baptiste n’avait pas quitté la Fouquière et l’oncle chanoine devait rentrer le soir même au Petit-Celland . Sans doute, en arrivant le lundi, voulut-il revoir l’ancienne cité épiscopale depuis longtemps , il n’était venu à Avranches ; il passa rue de Lille là où étaient jadis les quinze maisons des chanoines ; il passa devant la maison qui avait été la sienne pendant 24 ans. Que de souvenirs lui remontaient au coeur! Mais arrivant devant la cathédrale, son âme se brisa de douleur : dans la nuit précédente, la voûte du chœur venait de s’effondrer. Le mardi après-midi, après un dernier regard jeté aux tours de la cathédrale, M. de Gouvetz reprenait la route du Petit-Celland , il avait descendu le sentier escarpé qui domine la vallée de la Sée et rejoint la vieille route du Ponts à Brécey , qui suit , la rivière . Déjà, il avait franchi la limite de Saint-Senier , auprès du bois d’Apilly, passé Sous Saint-Brice; il allait pénétrer dans le bois de la Couverie ,à Ia ‘limite de Saint-Brice et de la Gohannière. Par cette belle soirée de printemps, le voyageur solitaire encore secoué par les émotions ressenties ces jours -là, ne pouvait pas ne pas songer aux merveilles de la nature, à ce demi-siècle qu ‘il venait de vivre, aux souffrances endurées depuis cinq ans. Avait-il le pressentiment de sa mort prochaine? Un ancien servant de messe de la cathédrale , le fils d ‘un ferblantier de la rue des Fossés, I’avait rencontré par hasard dans Avranches et reconnu . Il s’était rappelé qu ‘il y avait une prime à toucher pour qui dénoncerait un prêtre suspect : le nom de Gouvetz n’avait- il pas été affiché sur la liste au district ? Oubliant les bontés que son chanoine avait eues pour lui , poussé par l’appât du gain, i1 courut au district avertir les autorités. Le capitaine de la garde mobile de Brécey, Maincent le borgne qui connaissait admirablement la vallée de la Sée, fut alerté et se mit en route avec ses hommes. Des hurlements, des coups de feu : M. de Gouvetz fut arraché à ses pensées, c’était bien à lui qu’on en voulait ; atteint il trébucha. Alors, il reçut à la tête des balles tirées à bout portant ; et comme un vulgaire assassin, Maincent lui plongeait par sept fois sa baïonnette au travers du corps. Puis satisfaite de son oeuvre, l’escouade reprit la direction de Brécey, le laissant pour mort sur le chemin . Le hasard ou la Providence voulut que les deux pieuses femmes du Petit-Celland qui l’hébergeaient aux Bruyères, Marie et Françoise Guimont, vinssent à passer par là . Elles le reconnurent et s’aperçurent qu’il vivait encore. Touchées de compassion, elles allèrent trouver les voisins pour transporter le pauvre moribond dans la maisonnette qui leur appartenait. Quelqu’un y alla avec un cheval et une voiture. De la Dorée, on transporta le corps à travers les bois, par un étroit sentier, au moyen d’un van, grande corbejlle d’osier dont on se servait pour secouer le grain. La montée était courte, 400 m heureusement. Peu à peu, le blessé reprit connaissance, mais seulement pour avoir un sentiment plus vif de ses souffrances et de sa fin prochaine. Il appela Jean-Baptiste, son frère, qui vint aussitôt près de lui : « Je vais exposer ma vie ; mais n’importe, mon malheureux frère me réclame, j’y vais ». Il demanda un prêtre sans doute.On peut croire qu ‘aussitôt prévenu M. Affichard se rendit au chevet de son vieil ami et lui apporte le secours de sa prière fraternelle et le réconfort des sacrements. D’autres vinrent parmi lesquels on devine J.-J. de Larthurière qui n’avait pas la vocation d’un martyr et qui brûlait déjà de venger son ami : « Aux questions pressantes qui lui étaient adressées pour qu’il fit connaître les auteurs du lâche attentat dirigé contre lui, le mourant se contenta de répondre, il faut prier pour eux, je leur pardonne ». il mourut da troisième nuit après son arrivée, à la suite d’une longue et cruelle agonie : « Sa mort fut celle d’un saint ». C’était le 26 germinal an IV, le 15 avrjl 1796. La nouvelle de l’attentat et de la mort de M. de Gouvetz répandit la plus profonde consternation au Petit-Celland et dans les environs. Le soir de ce même jour, à la tombée de la nuit, son corps fut porté secrètement au cimetière et enterré près de la tour de l’église. Après la Révolution, une pierre tombale indiquait I’endroit où reposait son corps. Voici l’inscription telle qu ‘elle se lisait autrefois et que l’a copiée ‘le Père Masselin, en marge du registre paroissial : « Ici repose, près de la tour du Petit-Celland, le… de M. de Gouvetz, chanoine de la cathédrale d’Avranches, martyr de Ia foi dans la paroisse de la Gohannière, de l’année 1796 Il expira au Petit-Celland où il avait choisi son séjour pendant la tourmente révolutionnaire. R.LP. ». Quand M. Cudeloup arriva au Petit-Celland, le 3 janvier 1896, la pierre tombale avait disparu. Il écrit en 1911 : « Aujourd’hui, malgré des recherches faites tout récemment, il est impossible de savoir exactement où a été inhumé M. de Gouvetz » . Nous pensons que , lorsqu’en 1869, on allongea la nef de 4 m, la dalle fut utilisée dans la nouvelle maçonnerie et qu ‘au-dessus de la tombe, furent placés .les fonts-baptismaux.. Au printemps 1966, lors de nouveaux travaux, on fouilla sous les fonts et l’on découvrit le 15 mars les ossements de deux corps, à distance normale l’un de l’autre, ensevelis à une faible profondeur. Le crâne le plus ancien est peut-être celui de notre héros. Si cela est, on peut penser que l’autre corps est celui de son frère Jean-Baptiste mort 30 ans plus tard.

LES ANNEES D’EPREUVE (1790-1795)

8 janvier 2009

Le siècle des lumières allait sur son déclin. Le siècle de la: douceur de vivre – pour les privilégiés – aillait s’abîmer ’soudain dans ‘les larmes et le sang. Si I’année 1789 se passa dans la surprise ou l’inquiétude, en 1790 les événements se précipitent: le 6 juillet, l’évêché d’Avranches est supprimé et par le fait même le chapitre. En novembre, c’est l’inventaire de la cathédrale et des biens canoniaux, Déjà, le 12 juillet, avait été votée la Constitution civile du clergé. Maintenant le serment d’y adhérer est exigé des prêtres. Un prêtre jureur enfin , est élu curé de la cathédrale , devenue seule paroisse de la ville. Au début, il fut convenu que les chanoines se retrouveraient tous au choeur ; ils revenaient comme auprès d’une mère dont ils sentaient bien qu ‘on allait les arracher; mais il fallut bientôt abandonner la cathédrale , les maisons de la rue des Prêtres, trouver refuge en ville. L’évêque, le premier refusa le serment. il partit d ‘abord pour Elbeuf dans sa famille, puis de façon définitive, pour Jersey, suivi par huit chanoines. Les chanoines restés en France n’eurent pas à prêter le serment constitutionnel, leur poste étant supprimé ; mais ils n’échappèrent pas à celui de novembre 1791 (Liberté – Égalité ) sous peine d’être privés de traitement, bientôt réputés suspects, révoltés contre la loi, condamnés à la déportation (fois des 26 mai et juillet 1792) M. de Gouvetz ne se pressait pas de partir. Mais l’étau se resserrait sur les réfractaires : pour être sujet à déportation,il suffisait d’être dénoncé par vingt citoyens du district; et d’après la loi du 26 août par cinq citoyens seulement. Une exception était formulée en faveur des sexagénaires et des infirmes. A la suite de ces lois, beaucoup de prêtres, munis de passeports, prirent en septembre, le chemin de l’exil. Du diocèse d’Avranches, il en passa 343 à Jersey, puis en Angleterre. M. de Gouvetz n’avait que 47 ans. Le 3 octobre, il présenta au district d’Avranches une demande pour rester en France, en joignant à sa requête un certificat de médecin attestant de ses infirmités. « Il demandait qu ‘on veuille bien lui faire la grâce d’aller à Coutances plutôt qu’en royaume étranger, suivant la réquisition qu’en ont fait six citoyens du district ». Le 4 octobre, la municipalité appuya cette requête et le district donna avis favorable. On doit raisonnablement penser qu ‘après cette demande, M. de Gouvetz se rendit à la maison commune de Coutances, c’est-à-dire à la prison assignée aux réfractaires. M. Charles Piquois, curé du Petit-Celland, écrit en 1866, donc à une époque où vit encore son paroissien Beilavidès, ami, voisin, et même parent des Gouvetz : « Il s’était réfugié chez l’un de ses frères qui habitait le Petit-Celland. Dans cette solitude, se disait-il à lui-même, je pourrai vivre ignoré et prier pour demander à Dieu de plus heureux jours». En 1793, il fut conduit au Mont-Saint-Michel, mais l’on ignore à quelle date. Ii y restera plus d’un an dans des conditions pénibles . De mai à octobre 1793, le nombre des détenus ira en se multipliant : 51 – 107 – 300 et plus. Ils viendront non seulement de la Manche, mais aussi de l’Ille-et-Vilaine ; on y entassera des réfractaires, mais encore des constitutionnels devenus suspects. Nourrir tous ces hommes posait de lourds problèmes à I’administration. Au début la municipalité du Mont ne trouva qu’une solution: laisser entrer dans le château les amis des prêtres internés, pour qu’ils leur apportent des provisions ; l’un des trois prêtres de Brécey M. Muris, écrivait à sa famille : « Sans le pain de la Gestière il nous faudrait mourir de faim ». Le district d’Avranches finit par s’inquiéter de ces « pèlerinages scandaleux » et envoya le 28 août un visiteur; il apportait le secours prévu par la loi : 4.920 fr. par an et par détenu indigent. Mais l’internement devint plus sévère : interdiction de recevoir des visites ; contrôle de la correspondance; le 13 octobre, installation d ‘une boite aux lettres : les prisonniers étaient invités à réclamer des colis, sans dire que ceux-ci seraient partagés entre tous par leurs gardiens. Malgré cela, beaucoup souffraient de la faim. Une diversion intervint dans la vie des reclus quand ils apprirent l’arrivée de la grande armée catholique et royale ; c’était le 12 novembre peu de détenus choisirent la liberté : « Une vingtaine de prêtres, sujets à la déportation, ont seulement pris la fuite , à la suite des brigands de Vendée et n’ont pu être rejoints ». (Lettre de Frain au département). Plus encore que leurs pensionnaires, les agents municipaux et les gardiens du Mont qui s’étaient enfuis à Tombelaine à l ‘heure du danger, craignaient que Lecarpentier, représentant du peuple dans la Manche , vienne à apprendre leur conduite peu glorieuse. Les uns et les autres avaient intérêt à se taire et à s’entendre; les détenus pouvaient y gagner un régime plus libéral. Voici en effet un curieux document. Si invraisemblable que cela paraisse, il est possible que quelques prêtres aient été autorisés à aller célébrer la messe dans des paroisses de la baie ; en ce cas, la réaction du directoire du district d’Avranches s’explique très bien, si le document est du 20 décembre 1793 : (malheureusement l’année n’est pas indiquée) . Si la lettre est de l’année suivante, le fait paraît plus vraisemblable, puisque les détenus sont libérés progressivement, mais la sévérité de la répression s’explique moins. Pendant tout ce temps, M. de Gouvetz tâchait de se procurer des ressources pour adoucir son sort. Il fit une demande le 16 septembre 1793, pour obtenir la pension de 400 livres destinée aux détenus sans ressource. Le département lui accorda 120 livres pour compléter les 280 qui lui restaient encore ; nous ne savons de quel revenu, mais l ‘administration le savait. Le 26 avril 1794, un compagnon de misère venait le rejoindre pour neuf mois, I’ancien vicaire et curé de Saint-Ouen-de-Celland , son ami Pierre Affichard. En ces jours-là, la nièce du chanoine, Marie-Louise, venait d’épouser J.-B. Ferrey de Montitier , fils de l’ancien vice-président de l’élection d ‘Avranches ; comme cette famille possédait [a terre de ce nom à Huisnes, les jeunes époux vinrent y demeurer , espérant soulager leur oncle dans sa détresse. Que faisait-il dans l’ancien monastère, sinon une retraite prolongée ? On a tout lieu de penser que M. de Gouvetz avait su garder ou qu’on lui avait apporté clandestinement son manuel de prières, L’Enchiridion. Son exemplaire en effet porte sa signature, la date 1792, des notes marginales et contient des feuillet d’intercalaires, le tout de la main du chanoine. L’ouvrage est resté pieusement conservé dans sa famille jusqu ‘en 1960. Sur ces feuillets , il avait copié des textes favorables à la primauté pontificale, ainsi que de nombreuses prières. On a là un exemple de l’évolution de la mentalité des ecclésiastiques gallicans. Après le 9 Thermidor, I’espoir revint d’une libération prochaine. Peu à peu, les prêtres furent libérés par groupes au cours des mois qui suivirent. On commença par les assermentés , puis de janvier à avril 1795, ce fut le tour des réfractaires. MM. Affichard et de Gouvetz rentrèrent au Petit-Celland. Pendant un an ou plus, le chanoine put exercer les fonctions de vicaire , avec prudence, certes, mais s’ans trop se cacher au début. Pour cela, il dut prêter la déclaration de soumission aux lois de la république, dite de l’an III , du 30 mai 1795. L’accalmie fut de courte durée : le 9 Messidor (27 juin 1795 ) parvint la nouvelle du retour des émigrés sur les côtes de Bretagne. Malgré l’échec du débarquement à Quiberon, la persécution recommença aussitôt dans la Manche et dans l’Ouest. Le 12 juillet , on dressait à Avranches, deux listes de personnes à arrêter : la première comportait vingt-et-un pères, mères et soeurs d’émigrés; la seconde, trente-six prêtres « insermentés, nouvellement rendus à la liberté, mais suspects de n’avoir pas fait sincèrement la déclaration de vouloir vivre soumis aux lois et fidèles à la république». Le nom de M. de Gouvetz figure le 20· sur cette liste. On donnait l’ordre de les arrêter au cours de la nuit suivante. Il est vrai qu ‘à la date du 3 novembre, le nom de L.-G . de Gouvetz, du Petit-Celland figure sur une nouvelle liste d ‘exception de treize ecclésiastiques laissés en liberté. Il dut se cacher et mener la vie d’un proscrit : « Sans s’éloigner beaucoup du Petit-Celland, il comprit qu’il n’y aurait pas de sûreté pour lui à demeurer toujours dans sa maison ; il se mit donc à se dissimuler tantôt dans une maison tan tôt dans une autre », pour ne pas compromettre ses bienfaiteurs. Car les mesures de 1792-1793 avaient été remises en vigueur, le 3 Brumaire an IV. Une prime de cent livres était offerte à qui dénoncerait un prêtre insoumis ; qui lui donnerait asile était passible de sanctions. C’est à ce moment là que M. de Gouvetz trouva un refuge dans une masure appartenant aux vieilles filles Guimond, à la Bruyère Cohier , bâtiment caché sous les taillis au milieu des broussailles, mais assez élevé pour surveiller la vallée de la Sée. C’est là qu ‘a célèbre la messe le plus souvent. Voici quelques légendes que racontaient, pour les avoir entendues dans leur enfance, les grands-mères des années 1900, et recueillies par M. Cudeloup. Le prêtre est poursuivi, quand il rencontre venant vers lui, un petit garçon; devinant que l’enfant va être interrogé, il lui dit : « Si on te demande si tu m’as vu passer, dis que je suis par là ! ». Il poursuit son chemin et change de direction ; les patriotes furent déroutés; le fugitif était sauvé. Une autre foi , poursuivi de nouveau, il entre précipitamment dans la demeure des deux vieilles filles. Mais où le cacher? Par bonheur, il y a derrière les rideaux du lit, un placard percé dans le mur e t qu ‘on ne voit pas. A peine est-il installé et tout remis en place qu’arrivent les poursuivants; ils se retirent penauds, croyant avoir fouillé partout. Cet homme toujours sur le qui-vive, ce paysan fruste au milieu des bois, est-ce vraiment ce fils de noble, qui menait , il n’y a pas six ans ,une vie si bien réglée et confortable? Depuis quatre ans, il a pris l’habitude de tout remettre entre les mains de la Providence. Ces psaumes que naguère il chantait peut-être distraitement dans sa salle, sont redevenus tout naturellement pour lui le cri angoissé du proscrit qui n’attend son salut que du ciel.